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Et la Chine, ce bulldozer, est devenue première puissance mondiale

Le 7 janvier 2005, il y a presque 10 ans, j’avais écrit ce billet titré :  La Chine, ce bulldozer

Un groupe chinois rachète Marionnaud… Après l’année de la France en Chine, voilà une opération qui m’amène à réfléchir sur la croissance fulgurante de la Chine.

Elle a traversé les sociétés primitives, esclavagistes, féodales, semi féodales et semi coloniales, pour entrer finalement dans le socialisme et entamer sa course vers le capitalisme.

Marc Riboud témoigne notamment de 50 ans de cette évolution en images.

La chine est en pleine mutation, l’argent, le commerce, la consommation, elle pousse comme un bulldozer pour devenir la première puissance mondiale, c’est un fait qu’il ne faut pas négliger.

Ne négligeons pas non plus le fait que cette même Chine fait toujours travailler ses enfants et persiste, selon les rapports d’Amnesty International, à être hostile et méfiante vis-à-vis des défenseurs des droits humains.

Aujourd’hui 10 ans plus tard c’est fait, étape franchie ! La Chine s’est transformée en occident de l’extrême pour devenir pour de bon la première puissance économique mondiale devant les États-Unis. Par contre pour ce qui est des droits humains, on ne peut pas dire que son évolution soit aussi  fulgurante ! Il y a encore du boulot !

« La révolte muette des Ouïgours » par Julienne Nezan

J’ai rencontré Julienne Nezan en 2006 lors d’une balade vigneronne à Pézenas. Journaliste indépendant, photographe, il (oui il) m’envoie de temps en temps des nouvelles des reportages qu’il réalise à travers le monde. J’ai reçu le dernier fin juillet lors de son retour de l’ouest de la Chine.

Les images qu’il rapporte sur les événements actuels à Kashgar en Chine sont édifiantes : la version diaporama des photos sur Picasa

Kashgar était une cité ancienne, lieu d’une alliance entre traditions et coutumes ancestrales, et étape importante pour les convois de caravanes de la route de la Soie. Aujourd’hui mosquées et maisons vieilles de deux mille ans sont détruites… Encore une culture anéantie, comme au Tibet…

La révolte muette des Ouïgours

L’ancienne cité de Kashgar s’effondre face aux bulldozers de l’Empire chinois. Les Ouïgours déplorent cette démolition sous haute surveillance militaire. Certains deviennent figurants dans leur quartier devenu site typique pour touristes.

On dirait la guerre, un tremblement de terre. Parmi les maisons effondrées, dans le silence de la poussière, quelques Ouïgours tentent de revendre des briques, des poutres, une porte sculptée. Kashgar fut une fabuleuse oasis à la croisée des routes de la soie, « la seule métropole d’Asie centrale à vivre encore à l’heure des Mille et Une Nuits » s’émerveillait Bernard Ollivier, écrivain et marcheur solitaire. À l’ouest, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Afghanistan et Pakistan. À l’est, la Chine immense. Distant de 4 000 km, Beijing impose cependant son heure unique et la frénésie de ses urbanistes. Les expulsés seront relogés dans quelque banlieue. Ils devront oublier les moutons élevés dans la remise et leur vie familiale dans la cour commune autour du figuier.

Destruction massive

Depuis des mois, pelleteuses et bulldozers déblaient la ville ancienne, construite en briques et en pisé, ce mélange de terre et de paille isolant et bon marché. Déjà s’élèvent des hôtels pour hommes d’affaires et touristes, des magasins, des immeubles éclairés la nuit de couleurs tonitruantes et changeantes, des jardins où chaque arbre s’illumine d’un vigoureux spot vert. Une grande roue de fête foraine se rit de la vieille ville. Les échoppes d’herboristes, de luthiers, de boulangers et de grilleurs de brochettes laissent place à des buildings bétonnés bardés de climatiseurs, à des magasins de vêtements, de rétroviseurs ou de bassines en plastique, comme partout ailleurs en Chine. Seule concession locale, des constructions neuves d’allure islamisante sont érigées, pour rassurer le touriste.

Répression militaire

Ce n’est pas la guerre, mais cela y ressemble. Des colonnes de militaires quadrillent les rues et leurs cris d’entrainement rythment les heures. La « paix chinoise » domine la ville. Dans cette « région autonome » du Xinjiang, l’Empire ne veut pas revoir les émeutes du 5 juillet 2009 entre Ouïgours et Hans. Pendant dix mois, la ville fut interdite aux étrangers, le téléphone et Internet suspendus. « Un camp de concentration à ciel ouvert », s’insurge l’opposante Rebiya Kadeer exilée aux états-Unis.

Comme au Tibet, les Chinois sont persuadés d’incarner la modernité, d’apporter des technologies efficaces. Autoroutes, 4×4 luxueux, iPhone, wifi et hypermarchés surgissent et cette croissance économique fascine la planète. Les bénéfices issus des exportations dans le monde entier financent d’énormes investissements au Xinjiang dans les transports, l’agriculture, l’exploitation des ressources naturelles, du pétrole et des minerais. L’eau des montagnes irrigue à pleins canaux le désert du Taklamakan. Les Chinois sont fiers d’avoir sorti leur pays du sous-développement grâce à leur travail.

La Chine à la conquête de son far-west

Dans une Chine qui rêve d’être les états-Unis du XXIe siècle, les Ouïghours se retrouvent avec un petit boulot de figurant indigène. Pour 4 €, le touriste visite une zone rénovée de l’ancienne cité. Les Ouïgours qui laissent leur maison ouverte reçoivent 40 € par an de l’entreprise pékinoise concessionnaire du site. Dans cette réserve urbaine, les Chinois adorent se photographier avec des autochtones en costume traditionnel, ou poser sur le chameau face à la mosquée Aid Kah, réputée la plus grande d’Asie.

« Nihao[1] C’est désormais dans la langue de Mao que les enfants ouïgours du « quartier typique » saluent ces touristes qui goûtent à l’exotisme du Xinjiang ou du Tibet. Mais dans le regard des Ouïgours de Kashgar, on lit cette infinie tristesse de ne pouvoir préserver leur cité et leur culture de la démolition, leur impuissance face à la modernité de la Chine, ses motos, ses écrans géants et ses publicités souriantes.

Julienne Nezan, Kashgar, été 2010


[1] Nihao : « bonjour » en chinois.

Qu’il flotte le drapeau !

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  1. Le triangle blanc au centre représente la montagne enneigée et symbolise le Tibet connu sous le nom de Pays de Neige.
  2. Les six rayons rouges symbolisent les six tribus originelles du Tibet.
  3. Les rayons alternants rouges et bleus foncés symbolisent la détermination des deux déités protectrices du Tibet de défendre les traditions spirituelles et séculaires du pays.
  4. L’une des déités protectrices, Nechung, est colorée en rouge, tandis que l’autre, Sri Devi, est colorée en noir.
  5. Le soleil symbolise la liberté ainsi que le bonheur spirituel et séculaire dont jouit le peuple du Tibet.
  6. La posture vaillante des deux lions des neiges symbolise la victoire complète de la politique spirituelle et séculaire du Tibet.
  7. Les trois joyaux flamboyants tenus haut par les deux lions symbolisent la révérence du peuple tibétain envers les trois sources de refuge spirituel, soit le Bouddha, sa loi et la communauté monastique.
  8. Le motif circulaire à deux couleurs, tenu par les lions, symbolise l’adhésion volontaire aux dix vertus divines et aux seize codes de la morale humaine.
  9. Le contour jaune symbolise l’épanouissement perpétuel du Bouddhisme dans toutes les directions.

Situation au Tibet : pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

Communiqué de l’Union syndicale Solidaires du 27 mars 2008

Situation au Tibet :
pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

Depuis plusieurs semaines, la répression fait rage au Tibet. Elle aurait coûté la vie à plusieurs dizaines, voire centaines, de personnes. Les racines de cette crise sont connues. Elles tiennent dans la volonté du gouvernement chinois de refuser de prendre en compte les aspirations du peuple tibétain qui est soumis à une discrimination sociale, culturelle et religieuse de la part du pouvoir d’occupation chinois. Les décennies de répression de toute opposition pacifique, le processus de colonisation chinoise et le sous-développement de la région ont ainsi créé une colère qui explose aujourd’hui.

Dans cette situation, l’attitude du Comité olympique international est inacceptable. Les Jeux ne sont pas hors du monde. La décision de les organiser en Chine avait été justifiée par l’argument selon lequel cela permettrait « une plus grande ouverture » de la Chine et une « amélioration des droits démocratiques ». Or c’est exactement le contraire qui a lieu sous nos yeux. En Chine même, les droits démocratiques et les droits sociaux sont bafoués quotidiennement par un pouvoir dictatorial au service d’un capitalisme sauvage. Les condamnations pleuvent tant sur les défenseurs des libertés démocratiques que sur les syndicalistes indépendants. La presse est muselée et les journalistes étrangers n’ont même pas le droit de se rendre au Tibet. Le silence du Comité international olympique revient à cautionner le régime. De plus, contrairement à toutes les règles établies, il a confié le monopole de la diffusion des images des Jeux exclusivement à la télévision chinoise. Celle-ci pourra donc continuer à les diffuser avec 30 secondes de différé afin d’éliminer les images dérangeantes pour le pouvoir.

L’attitude du gouvernement français n’est pas à la hauteur de la situation. Son silence sur le comportement du Comité international olympique revient à l’approuver. Ses hésitations à condamner clairement le gouvernement chinois peuvent être considérées comme un encouragement pour celui-ci à continuer dans la voie de la répression.

L’Union syndicale Solidaires se prononce pour la reconnaissance des droits et libertés démocratiques en Chine et pour le droit du peuple du tibétain à choisir lui-même son avenir. Elle demande expressément au gouvernement chinois de cesser la répression actuelle et de permettre à la presse étrangère de se rendre librement au Tibet. Elle exige du gouvernement français et du Comité olympique international des gestes politiques forts, seuls capables aujourd’hui d’infléchir la position du gouvernement chinois.

Je ne suis pas syndiquée, mais je n’en pense pas moins !

JO 2008, la Chine s’échauffe

Via Laurent Loiseleux.

La date des JO à Pékin approche, plus que 160 jours. Tandis que d’aucun admire l’avancée fulgurante de la Chine, celle-ci continue dans sa régression en matière de Droits Humains : JO 2008 le sport version droits humains.
C’est le moment de rappeler la campagne lancée par Amnesty International en septembre 2007 pour dénoncer la barbarie Chinoise..

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Advertising Agency: MUW Saatchi & Saatchi, Slovakia
Creative Director: Rasto Michalik
Art Director: Radim Blaho
Copywriters/Idea: Peter Izo, Matus Svirloch
Photographer: Miso Bak
Production Company: Hitchhiker
Published: September 2007

Pour les tortures c’est par ici : Treize méthodes de tortures utilisées de nos jours en Chine

Blogday : Boycott de Yahoo et MSN en soutien aux cyberdissidents

250-250-fr-3Aujourd’hui 31 août, jour du 3ème Blogday, je suis l’appel de GuiM et de Cyrille Chaudoit.

Je boycotte les différents services de Yahoo et MSN en signe de réprobation et de soutien aux blogueurs Chinois.

Yahoo! et MSN sont impliqués avec d’autres hébergeurs de blogs (Msn.cn, Renmin Wang, Xinlang, Sohu, Wangyi, Tom, Qianlong Wang, Hexun Wang, Boke Tianxia, Tianji Wang, Yahoo.cn, Huasheng Zaixian, Bolianshe, Tengxun) dans le « pacte d’autodiscipline » signé avec le gouvernement chinois pour renforcer la censure et la répression des blogueurs chinois « dissidents »

Concrètement, les hébergeurs de blogs sont « encouragés » à enregistrer l’identité des blogueurs, à garder ses informations et à les fournir aux autorités. Ils devront en plus « surveiller les commentaires (…) et supprimer rapidement les informations illégales et mauvaises ».

A lire pour plus de détails :

Et voici en direct de Shangaï … Putch !

Ca y est ! l’ami Putch s’est enfin décidé à virer les passwords de son blog…
Feu donc les blogueurs sur spherodelir, le fameux blog !

Vous y retrouverez notamment "crachat et coup de sifflet", l’anecdote que j’ai rapportée sur ce blog, ainsi que des citations, des poèmes, des délires que nous confient Putch et quelques gaffes. huhu !

Bon c’est pas le tout ça, mais maintenant va falloir l’alimenter ce blog et rajouter un lien vers ton flux rss, hein Putch ? haha !

L’art de stopper un crachat à Shangaï

Les chinois ont une culture bien différente de la notre et certaines de leurs coutumes peuvent nous paraitre parfois assez… comment dire ? répugnantes. L’ami Putch de Shangaï, qui me fait l’honneur de visiter mon blog et de correspondre avec moi, m’a envoyé quelques textes de ses tranches de vie. A ce propos, l’un d’eux m’a particulièrement amusée, et comme il est joliment écrit, je lui ai demandé l’autorisation de le publier pour que mes fidèles visiteurs en profitent également. Voilà donc :

« Crachat et coup de sifflet » from Putch de Shangaï – septembre 2006

Comme vous le savez peut-être déjà, la première activité d’un chinois en Chine c’est la création d’un crachat (du verbe cracheter)… Je dis bien ‘’création’’ car il y a de l’art dans les formes et les manières de ce pur produit ‘’made in China’’. Comme dans tout art, il y a la méthode, toujours la même, trois phases : le raclement de la gorge le plus bruyant possible bien entendu, la mixture avec la salive la plus puante bien sur, et enfin le jet tant attendu… plus vite que la vitesse de la vision (en tout cas de la mienne), et aterrissant de préférence vers le voisin le plus proche. Tout le monde le sait, ce n’est pas nouveau.
Les étrangers qui ne savent pas encore vont s’en rendre compte très vite dans leur périple ‘’Chine exotik’’, et les chinois qui savent déjà ne vont jamais s’en rendre compte puisque cela fait partie de leur culture. Normalement on crache par défi ou par jeu comme les américains, par dépi ou par arrogance comme les arabes, par méchanceté ou par torture comme les slaves ou autres peuples de ces régions… Mais non, en Chine, c’est par habitude ou par indifférence. Et ce qui est le plus fustrant, même si on leur reproche, ils ne sont pas gênés puisque ce n’est pas intentionnel. Mais il y a d’autres personnes bien plus expérimentées qui pourront mieux vous expliquer l’histoire et la science du crachat en Chine et dans le monde…

Un matin de juin 2003, par un beau rayon de pollution à la shanghaienne, avec le chant agréable des échappements de bus du siècle dernier, je m’agrippais à mon super vélo électrique allant à une vitesse fulgurante de 15k/h pour ne pas être en retard au travail… et voici que j’attends tranquillement en rang serré ‘’à la sardine’’ que le feu devienne vert. Lentement mais surement, un vieil homme s’approche de moi avec son vélocipède et un large sourire aux dents cisaillées par le temps. J’entends tout d’un coup une création bruyante en formation (assez rapide pour un vieil homme), et je me dis ‘’merde, je suis tombé sur un expert…’’, le bruit se faisant de plus en plus pressant, je regarde à gauche, à droite, devant, derrière, pas de place, pas moyen d’avancer ou de reculer… cette fois, c’est pour moi, je serai enfin baptisé et pour de vrai… Seigneur, Boudha, Allah et tous les autres Saints de cette terre, aidez-moi… Je réfléchis plus vite qu’une année lumière traversant une dizaines de trous noirs… et enfin, mon voeu fut exaucé, ‘’eurêka’’ mon sifflet. (je porte toujours un sifflet sur moi, mais c’est pour une autre raison, et ceux qui me connaissent savent pourquoi, mais c’est une autre histoire). En un éclair, j’ai pris mon sifflet et j’ai sifflé aussi fort que j’ai pu… si fort que le pauvre homme surpris par mon cri de guerre strident avala d’un coup sa si belle création. Puis, un silence rare se fit dans tout le quartier… La circulation arrêtée, les gens médusés, la police au carrefour paralysé, bref pour la première fois, j’ai vu Shanghai immobile pendant quelques minutes. J’ai ri, mes voisins ont ri, tout le monde a ri et tout est redevenu comme avant. Merci Saint Sifflet de m’avoir sauvé de ce jet qui tue.

Merci Putch. 🙂

La Chine, ce bulldozer

Un groupe chinois rachète Marionnaud… Après l’année de la France en Chine, voilà une opération qui m’amène à réfléchir sur la croissance fulgurante de la Chine.

Elle a traversé les sociétés primitives, esclavagistes, féodales, semi féodales et semi coloniales, pour entrer finalement dans le socialisme et entamer sa course vers le capitalisme. J’ai vu les photos de Marc Riboud qui a su merveilleusement mettre en lumière cette évolution en montrant cinquante ans d’instants de vie d’un Orient qui se transforme en Occident de l’extrême. Notamment Shanghai, en permanente transformation depuis 10 ans, est saisissante par ses contrastes et sa poussée de gigantisme.
L’œil averti de Marc Riboud a su saisir les icônes maoïstes intemporelles se mélangeant aux gratte-ciel futuristes flanqués de publicités démesurées et agressives, effrayant ! Avec son objectif, il a arrêté le temps de quelques images ce décalage entre les jeunes mondains aux airs hautains fréquentant les restaurants à la mode et leurs aînés vivant encore au rythme des traditions typiquement chinoises …
Chacun de ses voyages sont autant de témoignages du bouleversement économique de la Chine et des écarts d’évolution entre l’est et l’ouest, modernisme et pauvreté.

La chine est en pleine mutation, l’argent, le commerce, la consommation, elle fonce comme un bulldozer pour devenir la première puissance mondiale, c’est un fait qu’il ne faut pas négliger.
Ne négligeons pas non plus le fait que cette même Chine fait toujours travailler ses enfants et persiste, selon les rapports d’Amnesty International, à être hostile et méfiante vis-à-vis des défenseurs des droits humains.