Archives du mot-clé confidences

Ce sentiment que j’aimerais tant ressentir à nouveau

J’aimerais tant ressentir à nouveau ce sentiment profond qui bouleverse physiologiquement tout notre corps, qui nous laisse avec la gorge sèche et nouée, le cœur palpitant, des fourmillements dans le bas du ventre, et les mains moites ; ce sentiment qui nous met dans un état euphorique, et qui nous remplie d’une joie intense … rien qu’à la pensée de l’autre.

Oui j’aimerais tant remettre en branle dans mon cerveau toutes ces substances endormies depuis des années, l’ocytocine, la testostérone, l’endorphine, la lulibérine, et produire encore et encore de la dopamine pour ne cesser d’avoir envie du contact physique avec la personne convoitée…

Oui je l’avoue, j’aimerais tant ressentir à nouveau ce sentiment profond qu’est le désir amoureux pour me rappeler toutes ces sensations si fortes que j’ai oubliées.

Oui tomber amoureuse…

Publicités

Abandonnite, mon ennemie !

Je vis avec ça depuis que je suis toute petite, je le sais. Non pas que j’ai été abandonnée, mais plutôt que j’ai eu un terrible manque affectif enfant qui a complètement perturbé le cours de ma vie. Le départ brutal d’un parent ; l’autre débordé par sa vie professionnelle, politique, et ma foi également personnelle ; une fratrie séparée, d’ailleurs n’est-ce pas ça qui a été le pire ? Quoi qu’il en soit ces évènements ont fait que j’ai été laissée pour compte et mise à l’écart dès la prime enfance sans repère affectif.
Et j’ai grandi ainsi, avec cette souffrance en moi mélangée à un sentiment de vide, de trou béant dans le ventre. Un mal-être permanent que je me demande même comment j’ai pu arriver à avancer et rebondir avec ça dans le bide.

Ça aurait pu s’arrêter là, mais ma vie sentimentale a aussi été quelque peu traumatisante. Un mari qui commet un abandon de famille pour commencer, et ensuite, mélange de violences et de ruptures, la suite n’a pas été des plus brillantes non plus. Sans parler des gens que j’ai aimé profondément qui m’ont laissée le cœur brisé, dont un qui s’est suicidé, et un autre qui m’a plantée du jour au lendemain alors que j’étais hospitalisée

Bref cette multitude de mises à l’écart vécue tout au long de ma vie, ces départs à tout jamais, ces cassures, rejets et abandons, ces coups de fil où on m’a répondu « ne viens pas on est assez nombreux », ont fait que je me suis très vite installée dans une sorte de solitude pour me protéger de cette souffrance, rêvant néanmoins d’être entourée et aimée, mais vivant aussi de culpabilisation et de dévalorisation. Car oui j’ai certainement du faire des actes terriblement répréhensibles et graves pour tant de rejets.

En conséquence, toute séparation étant devenue extrêmement douloureuse, j’ai fini par fermer mon cœur il y a bien longtemps à toute relation sentimentale de peur d’être encore laissée tombée ou mise de côté par l’autre.

De même que, de peur d’être rejetée et d’entendre encore ce genre de réflexion servie plus jeune, « mais on ne t’as pas dit de venir toi, qu’est-ce que tu fais là ? », je ne vais pas chez les gens, qu’ils soient proches ou pas, tant que je ne suis pas ouvertement invitée à venir.

Et pour éviter tout sentiment douloureux de rejet ou d’abandon, je fuis toutes les relations superficielles, qui n’amènent à rien d’autre que de se sentir seule parmi les autres ; je fuis les relations à distance, comme ces copains qui te baladent un moment par mail et qui finissent par retourner à leur vie te laissant dans ton vide ; je fuis les intéressés qui n’approchent les autres que parce qu’ils ont un truc à vendre ou un service à demander ; je fuis tous ces gens à histoires qui utilisent et jettent les autres sans manquer de les casser au passage.
Et je rêve dans mon coin de relations simples empreintes de chaleur humaine, de complicité et d’ouverture d’esprit.

Voilà, pas eu besoin d’aller voir un psy, ça fait parti des évidences, je le sais, je suis abandonnique. Reste à débloquer ces émotions enfouies en moi depuis des années et laisser échapper ma tristesse et ma colère pour de vrai, et surtout reste à apprendre à ne plus avoir peur du rejet.

Peur de paraître stupide

Ne pas oser aborder, parler, s’exprimer, commenter, écrire, dire les choses que l’on ressent, que l’on pense, de peur de paraître stupide, insipide, d’être mal comprise, rabrouée, jugée, rejetée, et d’avoir honte ensuite d’exister ;
Les doutes à chaque phrase prononcée, chaque écrit laché ;
Les angoisses, les maux de ventre, les serrements de gorge, la nausée avant chaque sortie en société ;
Le sentiment de malaise, les silences, les blocages devant les gens surs d’eux, ayant de la répartie en toutes circonstances ;
L’envie de disparaître dans un trou, la fuite ;
Le rejet du téléphone ;
La nécessité de se pousser pour sortir à nouveau, rencontrer des gens… Les efforts pour donner l’impression de ;
Oser tel un défi…
Le bonheur d’être acceptée, parfois, telle que l’on est…

Ne ferais-je donc pas un peu de phobie sociale ?

30 ans !

Alors là, ça me fait tout bizarre. Parce que je n’ai pas l’impression d’avoir vieilli moi. J’ai le cerveau qui s’est un peu arrêté à la trentaine, voir moins parfois quand je déconne. Je lui aurais presque dit, mais on a le même âge maintenant ! Mince 30 ans ! J’en suis toute émotionnée.

J’ai remis le nez dans les photos. Aujourd’hui elles sont toutes jaunies, celles de cette époque là… J’ai revu le poupon tout rond, tout blond, qui mangeait tout ce qui lui passait sous la main de la pomme trouvée par terre au ver de terre. Je l’ai revu souffler sa première bougie, plongeant à pleines mains dans le saint anthelme ; prendre sa petite soeur dans les bras 2 ans plus tard ; la coiffer de feuilles de papier toilette, très chic ! la tirer par les pieds quand elle voulait s’échapper à quatre pattes ; lui donner le biberon ; expliquer à son oncle comment la changer…

Et puis après, il y a eu sa première cuite, enfin la première que j’ai constaté… le CFA, les petites copines, puis La copine…

Et mes ex collègues et amis qui passez par là, vous vous souvenez l’adolescent qui dansait à la fête de fin d’année au boulot… et bien c’est le même 15 ans plus tard. Ca fait drole non ?

30 ans ! mon fils est un homme maintenant.

Alors si je gagne au loto… les courses

Ouais, si je gagne au Loto, qu’est ce que je m’achète ? hein ? Jathénaïs a fait sa liste de courses si ça lui arrive. Du coup je vais faire la mienne aussi tiens !

  • Déjà, je paie mon portable, que j’ai acheté mais pas encore payé, vive la carte bleue.
  • Je fais réparer la vitre de ma voiture qui ne ferme plus, et la portière qui grince.

Et puis je m’achète en vrac :

  • une complémentaire maladie.
  • un lit, le mien s’écroule, le sommier est cassé, le matelas foutu.
  • une garde robe, j’ai pris du poids avec l’âge et ça fait trois ans que je n’ai plus rien de seyant à me mettre.
  • un boulot.
  • une séance de toilettage pour mon chien, cette pauvre bête qui a l’air d’un balai O cédar à l’envers.
  • un congélateur, rempli bien sûr.
  • une batterie plus mieux bien qui dure longtemps pour mon Toshiba.
  • un sac fun spécial laptops, pour me balader avec mon Tosh.
  • des plaques de cuisson ou carrément une cuisinière, soyons fou ! J’ai qu’une plaque.
  • une machine à laver le linge, la mienne est pourrie de vieillesse.
  • un canapé, le mien est rongé par le temps et les griffes du chat.
  • des luminaires pour le séjour et l’entrée, histoire d’habiller mon chez moi.
  • une télé avec une télécommande, un truc moderne quoi.
  • un meuble pour poser ma télé.
  • une cave à vin, et du bon vin. Ben oui j’aime le bon vin.
  • de vraies vacances avec un voyage, j’adore voyager.
  • un bricoleur pour changer mes joints, fixer des trucs dans le béton et réparer ma commode, et la poignée de mon armoire, que quand c’est moi qui le fait, ça ne tient pas.
  • un nouveau genou.
  • une vraie fête d’anniversaire surprise rien que pour moi avec plein de copains.
  • un nouveau scanner.
  • une virée dans une soirée de blogueurs à Paris avec hôtel pour ne pas me retrouver à la rue.
  • heuuuuu, ben c’est tout.

Finalement dans ma liste, il y a un peu de trucs comme dans celle de Jathénaïs. 😉

Bon maintenant faudrait peut-être jouer au Loto.

…dans les chaussettes

Que dire, en ce moment j’ai pas la pêche malgré l’air que je me donne quand je sors. Je me lève fatiguée, je me couche épuisée, le moral dans les chaussettes, et par dessus le marché j’ai une trachéite qui traine depuis une semaine… Bref je suis tellement mal que j’ai l’impression d’être à ma place nulle part, j’ai envie de pleurer tout le temps, et je suis bien que quand je suis toute seule chez moi, déconnectée de ce monde qui se la joue tout va bien dans le meilleur des mondes…

En plus Je suis énervée, dégoutée, parce que comme tous les ans à la même époque, et ce depuis des années, je suis complètement fauchée, ratiboisée, au ras des pâquerettes, encore pire que le reste de l’année, à cause de ces putains de charges qui sont supérieures à mon revenu en cette période de l’année, et en plus elles ont augmenté les salopes !
Mais de quoi je me plains, vous allez me dire, c’est la situation de tout le monde… Et oui de quoi me plains-je ? C’est vrai que dans ce monde, on n’a pas le droit de dire qu’on en a marre d’être fauchée sous prétexte que tout le monde est dans le même cas et qu’en plus il y a pire… Ben oui y a tellement pire que l’année dernière moi-même j’étais dans une situation pire… Mais pour une fois, même si c’est un peu mieux cette année parce que j’ai un salaire, je vais me plaindre quand-même, parce que ça me pèse de ne pas avoir les moyens de partir en vacances, et de ne pas pouvoir assurer le dernier trimestre de l’année, l’anniversaire de mes enfants, petits enfants et le mien par dessus le marché (quoique celui là ne compte pas) avec Noël au bout… et le chômage en janvier… Oui cette situation qui perdure depuis des années et qui ne va pas aller en s’améliorant, me fait vraiment chier.

En plus va falloir que j’investisse dans un nouveau PC parce que le mien a fait son temps et qu’il ne peut plus faire tout ce que je lui demande le pauvre vieux… Parce que mon PC, accessoirement quand j’ai une opportunité, il me sert aussi à boucler mes fins de mois… donc il me faut du matos qui tienne la route.

Et puis j’en ai marre qu’on me dise que j’ai eu mon boulot par piston… ça commence à me gonfler menu menu… jamais de ma vie je n’ai eu le moindre boulot par piston. D’ailleurs si j’avais eu du piston, je ne serai pas restée si longtemps au chômage ! Qu’on se le dise… Quand je pense que je me suis toujours démerdée toute seule, on pourrait au moins m’accorder ça, merde alors !

Fait chierzut, fait chierzut, fait chierzut, et le premier qui me dit que je suis grossière, je lui mets un pain ! Suis pas d’humeur !

Bon vais me coucher, après une bonne nuit je virerai ce billet pour revenir aux choses plus superficielles que tout le monde aime, mais au moins c’est sorti et ça me fait du bien.

PS
Je rassure tout le monde, cette chute de moral est aussi due au fait que je suis malade en ce moment… alors évidemment je suis un peu plus fragilisée face à l’adversité… sinon ça va, je vous assure. 😉

Mon intime profond hors ligne

Je viens de mettre hors ligne 7 billets de la catégorie "mon tiroir très perso". Ceux qui concernent mon intime profond, mes ressentis par rapport à mon vécu à un instant donné et mes souvenirs d’enfance.
Pourquoi ? Et bien pour éviter les jugements de personne déplacés et les conclusions un peu trop hâtives me concernant… De toute façon ça n’effacera pas ma mémoire et ça ne m’empêchera pas d’exister, de penser, mais surtout d’avancer sans me retourner. Bref de vivre ma vie tout simplement, telle que je l’ai toujours vécue, totalement déconnectée des histoires ressassées.

Le petit canard noir

Quoiqu’il fasse, quoi qu’il lui arrive, quoi qu’il raconte, et peu importe le comportement des autres vis à vis de lui, le petit canard noir ne peut être que l’élément négatif de l’histoire de sa vie. Ils en sont persuadés, ça ne peut pas être autrement, c’est toujours de sa faute, c’est lui qui se comporte mal.

Au moment où il s’y attendait le moins, alors qu’il était arrivé à se détacher de tout ça, jusqu’à oublier qu’il était le petit canard noir à leurs yeux, après des années de travail sur lui, le petit canard noir a pris en pleine face la petite phrase assassine qui l’empêche de dormir…

Le petit canard noir voudrait pouvoir leur dire : stop ! mais arrêtez donc une bonne fois pour toute d’interpréter, de transformer, d’inventer, de juger. Ouvrez les yeux et regardez moi tel que je suis et non plus comme un vilain petit animal.

Mais ils ne veulent rien entendre, ni voir, ni comprendre. Ils sont dans leur monde, un autre monde rempli de leurs certitudes. Rien ne changera jamais. C’est inéluctable, le petit canard noir restera toujours le petit canard noir à leurs yeux. C’est ainsi.

Pépé Jo

Il est 2h30 et je ne dors toujours pas. Je ne sais pas pourquoi mais depuis que je suis couchée je pense à pépé Jo. Je l’aimais bien pépé Jo. Je me souviens de sa main douce qui tenait ma petite menotte quand il m’emmenait avec lui dans ses balades ; des heures que nous passions à regarder et écouter les gens dans la rue ou au bistrot ; des grains de cachous qu’il croquait avant de rentrer pour atténuer le goût de la bière qu’il venait de boire, pour éviter les remontrances de son épouse. J’aimais tant ces moments d’évasion passés avec lui. Il me rassurait, m’apaisait et je me sentais en sécurité en sa compagnie.
Quand je suis rentrée à l’internat, je ne l’ai quasiment plus vu, cela me rendait triste. Et puis un jour il est tombé malade, le cancer. Je ne savais pas qu’il avait un cancer mon pépé Jo que j’aimais tant. Je crois que je ne savais même pas ce qu’était le cancer. On n’expliquait pas les choses de la vie en ce temps là.
Un mercredi après-midi, où plutôt un jeudi, à l’époque ça devait encore être le jeudi, alors que je devais partir en promenade avec les internes que les familles ne sortaient pas, une amie de mes parents a débarqué avec sa fille.
Je me demandais bien ce qu’elles venaient faire là, d’autant plus qu’elles ne venaient jamais et que je détestais cordialement cette fille de mon âge avec qui on me comparait tout le temps tellement elle était mieux que moi, elle ! C’est là que, du pas de la porte de l’étude, j’ai appris la nouvelle. J’ai l’autorisation de son père, je viens la chercher pour l’après midi, son grand-père est mort et il faut lui changer les idées, expliqua la mère à la pionne qui ne voulait pas me laisser partir.
Le choc a été terrible, indescriptible. Je suis devenue livide, et n’ai plus pu sortir un mot de la journée. Puis la mère et la fille m’ont trimbalée je ne sais où, au Mont Carmel sans doute, je me souviens des arbres que je fixais. Il faut que tu sois gentille avec elle, elle a perdu son grand-père, disait la mère à la fille qui ne comprenait pas ma prostration, mon regard vide.
Je voulais pleurer mais je ne pouvais pas, pas devant ces étrangères que je n’aimais pas et qui ne m’aimaient pas non plus. Elles n’auraient jamais du être là dans un tel moment, et encore moins m’apprendre cette chose si terrible. Pépé Jo, non, je ne veux pas le croire !
Après cette sortie interminable et insupportable, elles m’ont ramenée à l’internat comme un paquet qu’on dépose. Puis, seule dans le vestiaire, je me suis effondrée. Tout s’est mis à tourner autour de moi comme si le monde s’écroulait. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là, par terre dans un coin à vider ma douleur, ne sachant plus où j’étais. Des bras, me blottir, je voulais me blottir, mais ce vide autour de moi, si grand…
A partir de ce jour là, pendant toute ma scolarité, j’ai pensé chaque jour à mon grand-père, à son visage me souriant comme s’il veillait sur moi. Aujourd’hui, il m’arrive encore souvent de penser à lui, il m’a tant manqué. Il m’aimait lui, je le savais.