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Blancheur immaculée

En cette triste journée la neige accompagne les cendres de ma mère, rappelant la blancheur immaculée de ses beaux cheveux…

Pour cause d’intempéries et de véhicule en panne, mon corps est à Montpellier, mais mon coeur et mon âme sont à Manosque.

RIP

Blancheur immaculée

Que de souvenirs reviennent en mémoire
De ces matins magiques où le monde est blanc
Quand nous nous sommes couchés rien ne laissait prévoir
Que le paysage serait à tel point différent.

Tout est blanc, immaculé, presque virginal
Rien n’a encore troublé cette beauté originelle
Qui fait que l espace d’un instant ce qui fut banal
Est maintenant d’une somptuosité presque irréelle.

Ce qui d’abords attire, c’est cette lumière
Une luminosité étrange, particulière, sans égal
Qui semble soudain confondre ciel et terre
Qui pour tous : enfants ou grands devient un régal.

Puis, on veut la voir de prés, un pas, un autre
Et maintenant c’est le son feutré qui nous envahit
Le crissement de nos pas, ces traces qui sont les nôtres
Une empreinte douce en un silence presque recueilli.

Et finalement, il nous faut enfin la toucher
Ce qui est étonnant, c’est que le froid importe peu
Seule l’ambiance douce, calme et molletonnée
Est essentielle, le contact avec cette blancheur cotonneuse.

Un rêve vient à l’esprit, la rêverie d’une âme câline
Que le temps s’arrête juste un court instant
Pour que cette vision du travail d’une main divine
Reste à jamais graver comme un moment émouvant.

Si seulement la blancheur immaculée
De cette suave, ouatée et duveteuse neige
Pouvait par miracle rester à tout jamais
Qu’elle oublie de devenir sans regret, grège.

Isabelle Cassou

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Aujourd’hui, c’est aussi l’anniversaire de mon père décédé il y a à peine plus d’1 an, le 30 janvier 2017. Il aurait eu 90 ans.

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Le lac

De la belle écriture de l’aïeul de Caroline en 1915, un poème de Lamartine !

Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos,
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :

« Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent ;
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : « Sois plus lente » ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ? quoi ! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés !

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit et l’on respire,
Tout dise : « Ils ont aimé ! »

Lamartine

Tout est flou

A force de me punir,
J’ai décidé de faire ce qui me fait plaisir,
Tout ce qui me passe par la tête.

Mais où fuir ? Que faire ?
Encore ! Toujours les mêmes problèmes
Encore ! Soumise à la peur
Vivre est ma peur,
La vie m’aime-t-elle ?
Tout ne me semble pas très claire.

J’ai au fond de moi une blessure,
A l’intérieur, tout est obscure.
Peu de mot pour exprimer cette peine
Je ne sais où elle m’emmène.

Trop de soirées à tourner en rond,
Trop de rêves, trop d’imagination,
Perdue dans mes pensées,
Trop de mal à tout accepter.

Je n’arrive pas à accepter le monde tel qu’il est,
Un brouillard assombrit mes pensées,
Tout me paraît sombre,
A présent, je ne vois plus que mon ombre.

Sabatiny