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Jeune quinqua, j’apporte beaucoup d’avantages à l’embauche dans ma besace !

Il y a quelques temps que c’est officiel, je suis bel et bien rentrée dans la catégorie des "séniors" dans la vie active. Mon dieu que je n’aime pas ce mot ! "sénior" ça veut dire "vieux", "vieillard", "personne âgée". On a l’impression d’un seul coup d’avoir pris 100 ans dans la face ! Alors que bon, sénior dans la vie professionnelle, ce n’est pas vieux du tout, d’autant moins que l’on est sûr déjà d’avoir moins de 60 ans… heu 63 bientôt avec la nouvelle réforme des retraites !
Quand je pense que dans le domaine de la consommation, le marché des seniors est celui des plus de 60 ou 65 ans…
Et puis quoi, vous m’avez bien regardée avec mon air d’éternelle gamine ! Franchement est-ce que j’ai l’air d’un vieillard du haut de mes 53 ans ! non, bon alors !

Ceci étant dit, je suis quand même une sénior, faut faire avec. Et comme il faut faire avec, et bien je vais vous expliquer quels en sont les avantages, les avantages de m’embaucher bien sûr !

1. Motivation pour l’employeur : Commençons tout de suite pas le premier avantage, je suis une femme. Aïe ça commence mal, allez-vous penser. Et bien non, pas du tout ! car vue mon âge justement, je ne vais plus vous faire le coup de l’absence pour cause de grossesse, ou d’enfant malade. Plus d’enfant à élever et célibataire de surcroît, je suis total dispo pour mon employeur !

2. Immédiatement opérationnelle : Je travaille depuis… 1976. Ce qui veut dire une expérience non négligeable et une malle de compétences. Opérationnelle tout de suite, je représente non seulement un gain de temps pour une entreprise, mais aussi un gain financier.

3. Capacité d’adaptation : J’ai travaillé dans toutes sortes de structures qu’elles soient publiques ou privées, association professionnelle, TPE, PME, multinationale, collectivité territoriale, … sous toutes formes de contrats, CDI/CDD/interim/portage/stage,… J’ai donc une grande capacité d’adaptation.

4. Stabilité et rentabilité des équipes : Je suis en recherche de stabilité, j’entends par là que je n’envisage pas changer d’entreprise à peine arrivée, à moins de missions courtes. Je coûte donc moins cher à la longue qu’un jeune carriériste qui va souhaiter partir pour voir si l’herbe ne serait pas plus fraîche ailleurs, d’où les frais d’un nouveau processus d’embauche pour l’entreprise.

5. Compétences en technologies Web : Je suis tombée dans le Web dans les années 90. J’ai vécu son évolution vers le Web 2.0. J’utilise ses services au quotidien pour faire de la veille technologique et du social networking. Je suis une geekette qui fait mentir les a priori sur les gens de mon âge face aux nouvelles technologies !

6. Avantage fiscal : Comme j’ai plus de 50 ans, j’apporte un avantage fiscal aux entreprises. Sans oublier que pour celles de plus de 50 salariés, l’embauche de travailleurs seniors est aussi une nécessité afin d’éviter le paiement d’une amende. Et, pour clore le package j’ai aussi le statut de travailleur handicapé (n’ayez crainte, rien de dérangeant pour qui que ce soit).

Alors employeur, n’hésitez plus, embauchez moi ! Je suis la séniorette qu’il vous faut !

La discrimination des seniors ? non ce n’est pas une vue de l’esprit !

Hier je suis allée à une réunion de mise en relation de professionnels, et lors d’une discussion j’ai raconté que depuis 10 ans, senior que je suis devenue, je rame comme une malade pour trouver un poste. Un trentenaire étonné m’a alors demandé si cette histoire de rejet des seniors était bien réelle, bref si ce n’était pas du flan tout simplement quoi !

Encore plus étonnée que lui par sa réaction, je me suis enquise de savoir s’il lisait au moins les journaux. heu ben oui, m’a-t-il répondu, mais comme je ne le vis pas….
Et bien mon garçon, ai-je pensé en moi-même, si tu ne t’en aies pas rendu compte, prépare-toi ! parce que crois-moi ton tour viendra bien plus vite que tu ne penses ! Depuis le temps que ça dure cette situation, c’est pas demain que les mentalités vont changer… retraite reculée ou pas !
Je lui ai quand même fait remarquer que les seniors ne couraient pas les startups ! Il a reconnu qu’effectivement il n’en voyait pas beaucoup, pour pas dire pas du tout, dans les boîtes autour de lui.

Je n’ai pas trop insisté sur le sujet, mais tout de même sa réaction m’a vraiment interpellée. Si d’aucuns croient encore que la discrimination par l’âge est une vue de l’esprit, on est mal barré ! C’est un état de fait, et mes gaillards, rigolez bien, profitez, le compteur tourne pour tout le monde ! la baffe vous finirez bien par la prendre aussi en pleine face, et plus tôt que vous ne pensez. Ce n’est pas qu’une question de secteur d’activité !

Tiens, rien que pour exemple, j’ai retrouvé un article dans l’express qui date de 97 : Recrutement – Quels emplois pour les quinquas?

En tous les cas, pour moi ça a commencé très tôt. A l’âge de 43 ans, ingénieur après vente, je travaillais dans une boîte où j’étais l’aînée. J’étais cernée par des trentenaires et le gérant avait 40 ans… Par leurs réflexions, attitudes, comportement à mon égard, J’ai vraiment senti à ce moment là que j’avais pris un coup de vieux. Je n’étais pas préparée à ça, et j’ai bêtement pensé que ça venait de moi. Insidieusement, le harcèlement moral avait commencé, et j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à faire face au début… J’en suis tombée malade, j’ai fait une grosse dépression. Et progressivement, ils sont arrivés à me pousser dehors. Crise (déjà !), délocalisation des services, période de restructuration, qu’il disait le gérant, on garde les plus jeunes… et j’ai été licenciée, avec un arrangement à l’amiable certes, mais licenciée tout de même !

A partir de là je n’ai plus trouvé un seul poste en CDI. Le dernier poste convenable, c’est à dire avec un salaire qui rentre dans la fourchette correspondant au poste et à la région, le dernier poste convenable donc, fut une mission de 18 mois.
Et depuis 2002 plus rien ! J’erre donc entre les périodes de chômage, de bilan de compétences, de formation, de portage salarial, de missions courtes, et petits boulots alimentaires payés au SMIC… parce que vous comprenez ma brave dame, vue la conjoncture, c’est ça ou rien, et vue votre âge vous n’allez pas vous plaindre tout de même, c’est déjà bien qu’on vous embauche !

Un employeur du public a en effet fait sa BA en m’embauchant… Notre mission c’est le social, vous rentrez dans le cadre, on applique ! m’ont-ils dit… Mais par contre la hiérarchie ne s’est pas gênée pour me rabaisser en discréditant mon expérience et mes compétences face aux plus jeunes… les jeunes c’est fun, c’est créatif, et moi je ne pouvais rien proposer de bien, vue mon âge, m’a-t-on sèchement fait entendre. De toute façon on m’avait en quelque sorte provisoirement sauvée de ma situation précaire, je n’avais donc rien à dire… harcèlement moral quand tu nous tiens…. J’ai donc fait mon boulot le dos rond en encaissant le temps qu’il a fallu.

Quelques temps auparavant, une DRH m’avait sortie lors d’un entretien que les personnes vieillissantes sont dépassées… Elles manquent de curiosité, elles comprennent moins vite, elles se fatiguent plus vite et sont donc de ce fait beaucoup plus sujettes à l’absenteïsme...A ce moment là, je n’avais pas encore 50 ans !

Dernièrement lors d’un bilan de compétences, mon conseiller, un trèèèès jeune homme qui avait le chic pour me parler comme si j’étais sénile, m’a affirmée que vue mon âge (et oui encore !), il ne fallait pas espérer trouver grand chose dans ce qu’il me restait de compétences (comme si elles s’étaient évaporées), et que peut-être j’aurais des chances en me recyclant dans la gestion administrative, secrétariat, compta… ben voyons, comme autrefois, les femmes c’est juste bon à faire du secrétariat ou de la compta !

Et tout ça n’est qu’un bref aperçu de ce que je peux entendre ou vivre depuis 10 ans ! Sans parler que dans la tête des gens, plus on prend de l’âge et plus on perd en compétences, comme si on commençait à tomber en décrépitude passé les 45 ans !

Alors maintenant oser penser que la discrimination des seniors au boulot est une vue de l’esprit ! non mais ! Ouvrez donc les yeux nom de dieu !

Quel est votre métier ?

Voilà une question intéressante à laquelle je suis bien incapable de répondre aujourd’hui….
D’aucuns répondraient tout de go pilote, infirmière, ingénieur système-réseau, convoyeur de fonds, carreleur, …. Mais moi, grand vide sous le chignon, la bouche ouverte et les yeux ronds comme des gobilles, chapeautée d’un point d’interrogation, je reste coite.

Je ne sais plus quel est mon métier. Je ne sais plus quoi répondre. A force de passer d’un job à l’autre depuis plus de 10 ans, je ne sais plus dans quel compartiment je rentre.
C’est ennuyeux quand on cherche un job, et qu’on voudrait se présenter convenablement lors de sorties de mises en relation pro, et surtout rentrer dans les cases de pôle emploi.

Et oui, ex analyste programmeur, ex spécialiste systèmes réseaux, ex ingénieur après vente, ex product marketing manager, ex chargée de communication, ex conceptrice de sites, ex webmaster, ex chargée de projet Web, ex responsable marketing communication, ex assistante de communication, ex coordinatrice technique dans la PAO, auteur à l’occasion….. en haut, en bas… Sous quel métier me présenter ? qu’elle est ma profession aujourd’hui à plus de cinquante ans ? That is the question !

La seule chose que je peux dire est que mon fil d’Ariane est Internet et ses services, épicé d’informatique de gestion et de communication….. Après où me situer là-dedans ? pfuuuuu…..

Bonjour madame Michu, qu’est-ce que vous faites dans la vie ? Bennnnnn, heu… je faiblis, je faiblis.

Non en fait, je ne faiblis pas du tout, je suis en pleine ébullition, remise en question, prise de recul pour trouver une porte de sortie…

T’as plus tes mômes à la maison ? dégage !

Madame Michu est bien ennuyée, elle vient de recevoir son dernier avis d’expulsion et ne sait pas vers qui se tourner pour se sortir de ce guêpier où elle se trouve de nouveau…
9 ans qu’elle vit là, dans ce grand 3 pièces avec balcon qu’elle a eu tant de mal à trouver. Pendant des années, malgré son travail, elle n’a jamais eu les moyens de s’offrir un logement dans le privé. Elle n’était pas encore dans la catégorie des pauvres, mais juste dans celle des français moyens qui oscillent entre la vie active et le chômage, et qui n’ont pas les revenus suffisants pour répondre aux garanties demandées. Alors, elle avait déposé des dossiers un peu partout et elle avait patienté. Pendant une vingtaine d’années, elle était passée d’un logement provisoire à un autre en attendant mieux. A un moment, elle a même du se séparer de ses enfants le temps de trouver un endroit suffisamment grand pour loger toute sa petite famille… Puis les années ont passé. Quand ce logement lui fut accordé, lasse de tous ces déménagements, elle décida de se reconstruire un semblant de vie stable. Non sans difficultés, elle se trouva un boulot. Elle choisit un médecin traitant à proximité… et prit ses marques dans le quartier.

Aujourd’hui ses deux enfants ont grandi, ils sont partis vivre leur vie loin dans une autre région avec leurs propres enfants…
Madame Michu se retrouve donc seule dans son appartement. Heureusement, sa petite famille peut venir la voir, puisqu’elle a encore de quoi les loger. Ainsi, dès que l’occasion se présente, le petit noyau se reconstruit autour de madame Michu à sa grande joie.

Mais madame Michu est hors la loi. Sa situation ne cadre plus avec le calcul savant "revenus, plafond, nombre de personnes, mètres carrés" de la nouvelle loi sur l’attribution des logements. Elle a trop de mètres carrés pour elle toute seule. Que ses enfants et petits enfants viennent la voir ne compte pas. Elle doit partir, quitter ce quartier pour ailleurs, un endroit qu’elle n’a pas encore trouvé, pour céder sa place à une famille déjà désignée. On lui a bien proposé deux studios sans balcon dans le ghetto des seniors à l’extérieur de la ville, mais à chaque fois au 4ème étage sans ascenseur.
Malheureusement madame Michu a un handicap qui ne lui permet plus de monter les escaliers. Alors au second refus, on lui a signifié qu’elle devait se débrouiller toute seule et surtout débarrasser les lieux sous 6 mois. C’était ça ou rien, les certificats médicaux n’y ont rien fait. Trop de séniors à recaser, lui a-t-on-dit.

Les 6 mois sont passés… madame Michu n’a rien trouvé… Malgré la vente de ses quelques meubles, plantes, vêtements et derniers souvenirs, elle n’est de toute façon pas arrivée à rassembler la somme suffisante pour assumer à la fois la charge des garanties qu’on lui demande et les frais de déménagement. Car déménager représente un coût qui est loin d’être négligeable… Et comme beaucoup de "séniors", madame Michu, encore loin de la retraite, a perdu la moitié de son salaire. Elle n’a plus un sou de côté. Il a bien fallu faire face à quelques coups durs. Tout ce qu’elle gagne passe donc dans ses charges et rien d’autre.
Ils n’avaient pas pensé à ça bien sûr tout ces pondeurs de lois bien nourris.

De nouveau au bord d’être à la rue comme elle l’a déjà été à plusieurs reprises dans sa vie, mais avec les années en plus et les moyens physique et financiers en moins, madame Michu n’a plus assez d’énergie pour se battre. D’ailleurs pour quoi faire ? Plus elle vieillit, plus elle se rend compte que ce monde là ne veut plus d’elle.

« Les quinquas dehors ? » sur France 5

Si vous avez encore des doutes sur les difficultés qu’ont les quinquas depuis plusieurs années (quelques décennies) à rester sur le marché de l’emploi, ne loupez pas mardi 18 décembre sur France 5, le documentaire écrit et réalisé par Antoine Gallie : les quinquas dehors ? Il peut vous apporter un éclairage sur certaines réalités. Et surtout sur les combats que mènent les quinquas au quotidien pour rester dans la vie active, retrouver du travail et subvenir à leurs besoins.

ce documentaire met en lumière les contradictions d’une société qui commence à comprendre la nécessité de prolonger le temps de travail, pour apporter une réponse au vieillissement de la population et honorer les retraites, et qui, dans le même temps, continue, au nom du profit, à pousser cyniquement ses quinquagénaires en dehors du monde du travail… Un film pour bousculer les idées toutes faites les concernant, les accusations de manque de combativité et d’inventivité, d’incapacité à évoluer et à changer de métier. La réalité semble toute autre…

Je fais partie de cette génération là, et je peux vous assurer que je sais ce que c’est que de se battre contre les préjugés des entreprises qui nous poussent dehors comme si nous étions plus bon à rien à partir de 45 ans.

Pour rappel un petit entretien que j’ai eu en 2005 avec une DRH à peine plus jeune que moi : A mon âge je serais sujette à l’absentéisme. Edifiant !

Pensez-y les plus jeunes, un jour vous aussi, vous passerez par cette tranche d’âge là… Soyez en sur, la vie n’est pas finie à 50 ans, on a encore tant d’années devant nous !

source : Quinquas, sexas, que le pouvoir soit avec vous !

Le samedi 22 septembre, direction l’Elysée avec Eric Fournier

Après plus de 2500 km et 40 jours de périple en vélo, Eric Fournier, chômeur RMIste, arrive à Paris samedi 22 septembre pour remettre son carnet de bord au Président Nicolas Sarkozy, lui-même quinqua.

Vous ne savez pas quoi faire demain ? Et bien vous qui êtes dans la région parisienne, vous pouvez toujours accompagner Eric Fournier jusqu’à l’Elysée. D’ailleurs vous y êtes chaleureusement invités.
Comme dit Jean-Marc Coursin, le président de Quinquas citoyens : Ce petit geste est l’occasion pour vous de participer à la lutte contre l’exclusion des Quinquas et les préjugés sur l’âge..

  • Rassemblement Porte de Saint Cloud : 9h45
  • Départ : 10h15 impérativement
  • Arrivée à l’Elysée : 11 h précises

Vous pouvez suivre Eric en voiture en mettant les warnings. Des télévisions sont prévues à partir de la Porte de St Cloud.

La suite sur :

Mes talents sur JobMeeters

Ca fait quelques années que je râle après les sites emploi car je ne rentre jamais dans leurs cases. A chaque fois je galère pour remplir leurs formulaires et ça finit toujours par une liste d’enchainement de postes indigestes.
Et puis l’année dernière, JobMeeters, plate-forme d’offres d’emploi par cooptation, a été lancée. Je ne sais pas pourquoi, j’ai hésité à m’inscrire, la version beta ne me plaisait pas trop. J’avais aussi ce gros ras le bol des sites emploi en ligne complètement inefficaces. En plus mon blog CV ne donnait rien non plus, enfin surtout parce que je suis dans la case qui ne va pas bien, celle des quinquas…
Le temps a passé et j’ai oublié. La version 2 de JobMeeters est sortie en mai, cette fois plus intuitive et orientée talents. Une « talenthèque » a remplacé la classique CVthèque. Et façon Web 2.0, chacun peut dorénavant mettre en avant ses savoirs, savoir-faire, personnalité, expérience professionnelle… via des mots-clés, des tags, arrangeant sa page comme il l’entend. Ce qui a priori me correspond beaucoup plus, mais j’ai encore zappé car détachée de ma recherche d’emploi par mon remplacement.

Et puis là, Suchablog ressort les minitests que JobMeeters a lancé cet été pour occuper les accrocs du Web. Du coup ça m’a remis le site en tête, et cette fois je me suis jetée à l’eau. Et oh miracle, compléter mon profil a été d’une simplicité, un vrai bonheur. Il m’a juste fallu rentrer les mots clés qui me correspondent, et voilà, c’est tout moi.

jobmeeters.jpg

Mais bon c’est pas le tout ça, c’est la première fois que je me lance dans la cooptation et il va falloir que je développe mon réseau social pour rester dans la démarche. D’autant plus que je n’ai pas de recruteur pour me recommander dans ce que je veux faire. Entre les boîtes qui n’existent plus et mes années de chômage, ce n’est pas si simple. Mais je ne désespère pas, je finirai bien par trouver Le Job.

Pour plus d’infos

Pendant ce temps là, Eric Fournier pédale

Eric Fournier est parti le 14 août de Saint Guilhem Le Désert dans l’Hérault pour arriver à Paris le 22 septembre.

40 jours, 2352 km, 35 villes, il fait ce long voyage à vélo, son CV en poche, pour décrocher un job et dénoncer le sort réservé aux quinquas. Chaque jour il raconte le déroulement de ses étapes et ses rencontres sur son carnet de bord. Hier et aujourd’hui à Lyon, Eric est à mi-chemin de son parcours. Il espère toujours rencontrer le président Sarkozy à l’arrivée.

Pour continuer à l’encourager et suivre son périple : Le droit d’agir.

Mes pécédents billets sur le sujet :

Mais pourquoi est-ce que je blogue autant ? #pourquoijeblogue #jeblogue

Quand j’ai commencé à bloguer début 2005 sur la plate-forme du nouvelObs c’était surtout par curiosité, et comme je trouvais intéressant d’utiliser ce canal de communication pour mettre en valeur mon cursus, j’ai cassé mon site CV qui existait depuis 99, pour le transformer en blog emploi.

Puis mon blog a très vite viré, car les années 2005/2006 ont été très difficiles pour moi. Au chômage depuis 2003, seule, je n’avais que l’équivalent du RMI pour tout revenu (ASS), et en plus, en 2006 mon propriétaire avait décidé de vendre mon logement.
Durant ces deux années, j’ai beaucoup réseauté et donné de ma personne dans des associations, clubs… Mais je n’ai reçu en retour que froideur, critiques de donneurs de leçon sur ma situation et ma façon d’être, et conseils yakafokon de gens qui ne connaissaient rien des démarches que j’effectuais pour m’en sortir…
Les chômeurs sont forcément coupables de quelque chose et un grand vide s’est installé dans ma vie.
Alors le blogging est devenu ma survie, et mon blog mon exutoire. Personne envers qui me confier, avec qui parler de mes peurs, de mes efforts, alors j’écrivais ainsi pour me vider, évacuer et avancer.

En juin 2006, au summum de ma détresse morale, l’échéance de la rue arrivant à grands pas, j’ai posté ce commentaire sur le billet de Ginisty qui demandait Dis pourquoi tu blogues ? :
Je blogue pour exister, évacuer, me trouver, me retrouver, partager, échanger, communiquer, découvrir, et aussi pour être moins seule ...
Je ne crois pas que grand monde ait vraiment compris le sens de ce que j’exprimais là.

Il y a un an, grâce à mon réseautage, j’ai fini par trouver un super logement où je me sens bien. Ensuite début 2007 j’ai obtenu un remplacement dont le salaire me permet juste de payer mes charges et manger.
J’ai retrouvé ainsi une certaine sérénité qui s’est répercutée sur mon blog, et j’en ai perdu quelques visiteurs. Et oui, les blogueurs sont aussi des voyeurs. La misère des autres on aime bien la regarder, surtout de loin…

Mais mon job est loin de mes compétences et de ce que j’aime, le Web. Alors pour ne pas perdre la main, cette année j’ai blogué beaucoup plus que les années précédentes. Je me suis ainsi dédoublée, le boulot d’un côté et la veille Web 2.0 de l’autre. Couchée tard, les WE et les vacances à la maison, je passe mon temps devant mon PC à bloguer, à lire, à m’instruire, à tester des services Web 2.0, à participer, et à raconter aussi mes quelques sorties et découvertes.

Malgré tout je suis toujours aussi seule et je me rend compte aujourd’hui que je blogue aussi pour meubler cette solitude.

Finalement mon blog reste mon exutoire, je dirai même plus il est comme une sorte de thérapie pour rester gaie et sereine.

Et l’égo du blogueur dans tout ça ? J’ai réfléchi à la question et la réponse est simple. J’obtiens là ce que je n’ai pas dans la vraie vie : l’écoute de ceux qui s’arrêtent pour me lire.