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Quinquas parias de l’emploi

« Quinquas : les parias de l’emploi » c’est le nouveau livre-témoignage sur le chômage des seniors écrit par le journaliste Alain Vincenot[1].

Alain Vincenot donne la parole à des femmes et à des hommes qui témoignent d’une réalité d’autant plus effrayante qu’elle nous concerne tous. À 50 ans, on peut être bardé de diplômes, compétent, énergique, informé, et tomber dans la misère. Sans autre raison que sa date de naissance.

C’est là que je me sens terriblement concernée d’autant plus qu’il ne m’a pas fallu attendre la cinquantaine pour être mise sur la touche et tomber dans la pauvreté (ce qui n’a rien à voir avec la précarité) …

Que nous reproche-t-on ? On nous reproche d’être trop coûteux, pas assez productifs, inadaptables aux nouvelles technologies et aux changements.

Tiens mais ça me rappelle un certain entretien ça !

Alain Vincenot était l’invité de l’émission « café bazar » ce matin de 10h à 11h, à écouter, ré-écouter pour prendre conscience de la réalité. C’est édifiant ! Il est temps de changer les mentalités.

En tous les cas, je me suis retrouvée dans tous les témoignages.

Notes

[1] « Quinquas, les parias de l’emploi » Par Alain Vincenot – Préface de Jacques Attali – Editions Belfond – 300 pages -18 euros

La révolte des quinquas se préparerait-elle ?

C’est pas le tout ça, mais pendant que les djeunz séchaient leurs cours, leurs aînés au chômage sont restés sur la brèche sans pour autant se sortir de leur situation qui elle, est loin d’être précaire puisqu’elle perdure !

Alors le blog quinquas citoyens propose un rassemblement le 12 juin 2006 pour attirer l’attention sur l’exclusion des quinquas du marché de l’emploi. Si ça a marché pour les djeunz, pourquoi pas pour nous ?

Donc si vous êtes quinquas, ou même quadras, au chômage et si cette action vous intéresse, manifestez vous vite sur le blog « Quinquas citoyens« .

Rassemblement des Quinquas le 12 juin 2006 ?

Il nous semble que les Quinquas exclus ne sont pas prêts d’être réinsérés sur le marché de l’emploi. Doivent-ils subir 15 années de galère jusqu’à la retraite pour vivre ensuite avec une pension misérable ?

Le 12 juin 2006 sera la date anniversaire du premier rassemblement des Quinquas en 2005.

Les politiques ne semblent être sensibles qu’au nombre de personnes dans la rue en cette prériode pré-électorale.

Participeriez-vous à un rassemblement le 12 juin 2006 pour montrer notre nombre ? Pensez-vous que c’est maintenant ou jamais ? L’organiseriez-vous ? Le feriez-vous connaître ? A quelle heure ? sous quelle forme ?

Merci pour vos commentaires sur « Quinquas citoyens« .

Pendant ce temps là, nous les vieux …

Tandis que les djeunz manifestent contre le CPE.

Tandis que les barons blogueurs, entrepreneurs trentenaires sont en pleine crise d’existentialisme aigüe – via Universmedias, « Les bobo-blogueurs éclipsés par le CPE« .

Tandis que nos aïeules bloguent à la maison de retraite.

Quid de nous les « seniors » de 43-64 ans sans boulot pas encore à la retraite, plus communément appelés « les vieux » par ceux qui ont encore un job ?

Et bien rassurez-vous tout va bien, rien de changé depuis ces dernières années, notre situation est toujours aussi précaire, nous nous faisons toujours traiter de vieux sur le marché du travail, et les portes de l’emploi se ferment toujours autant, surtout dans certains secteurs d’activité comme le multimédia, la communication et l’informatique.

Chaque année nous pouvons donc ressortir les mêmes dossiers toujours au goût du jour, la seule évolution pour nous étant une année de plus exclus du monde du travail, et une année de moins dans notre budget retraite.

La situation n’ayant donc pas évolué, pendant que certains obtiennent de rares missions en portage salarial et autres petits boulots à temps partiel les jours heureux, d’autres s’occupent de retrouver un logement, effectivement n’étant que locataires pour la plupart, nos propriétaires profitent des fins de bail pour ne pas le renouveler évocant diverses raisons toujours valables. Démarche de recherche donc quasiment impossible car, bien que le droit au logement soit inscrit dans la loi, les logements sociaux ne sont pas accessibles aux plus pauvres parce que trop pauvres.

Et oui, nous les vieux, nous sommes pauvres contrairement à ce que certains pensent. Et nous ne sommes pas les seuls, si on cumule chômeurs (comptabilisés ou non), RMIstes, temps partiels, intérimaires et smicards, ça fait du monde.

Mais ça ne nous empêche pas, quand nous avons un peu de temps pour nous distraire, de lire nos auteurs favoris comme Gérard Plumier qui a écrit « Chômage senior ; Abécédaire de l’indifférence ».

Voilà donc notre vie à nous les vieux. Qui a dit qu’il ne faisait pas bon vieillir en France ? tout baigne !

Nous ne sommes pas des yaourts …

Encore une fois les gens sont classés, catégorisés, les plus de 50 ans d’un côté, les moins de 50 ans de l’autre … Face à cette crise de l’emploi qui dure et persiste depuis des années, ça n’a aucun sens.

Depuis 1998 je suis confrontée au problème de l’âge alors que j’entrais à peine dans ma quarante deuxième année. C’était dans la région parisienne, et j’étais la plus âgée de la compagnie. Mon DG avait alors 40 ans et mes collègues moins de 35 ans … Ce n’était pas toujours évident à vivre car ceux-ci me regardaient bien souvent comme si j’étais arrivée au bout de ma carrière et n’admettaient pas que je puisse avoir un peu plus de connaissances qu’eux sur les rouages des systèmes d’information de l’entreprise.

De 2000 à 2002, je ne suis plus arrivée à trouver un poste qui dépasse le stade de la mission. Et depuis 2002 plus rien ….

Bien sûr, entre temps j’ai fait une formation pour valider mes acquis en espérant augmenter mes chances et surtout parce qu’un consultant m’y a poussé suite à un bilan de compétences. Mais ça n’a pas du tout joué en ma faveur … et j’ai encore pris une année de plus ! Je frôle maintenant la cinquantaine. Malgré ça, je ne me sens pas âgée du tout. D’ailleurs je ne le suis pas, bien au contraire. N’en suis-je pas qu’au début de l’autre moitié de ma vie d’après les statistiques de longévité … ??

Bref, aujourd’hui la mode est au : « quinquas, créez votre entreprise ! » … Il paraît que c’est LA solution. Seulement pour créer une entreprise, il faut avoir au moins l’idée d’un projet … de surcroît qui tienne la route. Et je n’en ai pas le moindre embryon pour me lancer dans une telle aventure. Tout ce que je pourrais et voudrais faire, c’est tout simplement intégrer une équipe dans une entreprise, travailler selon mes compétences, et surtout sans être rabaissée.

Mais voilà, déjà considérée comme une vieille par les DRH, j’accumule les critères de discrimination auxquels je dois faire face et j’ai un peu de mal à arriver jusqu’aux entretiens.

Certains diront que c’est un problème régional, qu’il faut déménager … et bien non, c’est faux, j’ai suffisamment déménagé dans ma vie pour le boulot pour le savoir … C’est d’abord et surtout un problème de mentalité … et c’est ça qu’il faut changer. Déménager quand on n’a rien, ce n’est pas régler le problème, c’est le déporter.

Alors vous, recruteurs, qui réalisez les sélections d’embauche, cessez de nous prendre pour des vieux avant l’âge, nous ne sommes pas des yaourts, nous n’avons pas de date de péremption.