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Confinement : Corps en souffrance

Depuis le confinement je ne fais plus aucune activité physique. Mes pathologies font que je ne peux difficilement faire autre chose que des activités aquatiques et comme l’accès plage a été interdit, la piscine aussi, normal, finis longe côte, marche aquatique et natation !

Je n’ai même pas profité de cette heure de sortie autorisée pour marcher un peu autour du pâté de maison.  Trop déprimant.

Du coup le peu de muscles durement gagné ces deux dernières années a fondu en un rien de temps. La graisse s’est installée  à la place accompagnée d’une belle prise de poids. J’ai perdu par la même occasion ce souffle que j’ai eu tant de mal à améliorer.

Mon corps s’en trouve en souffrance. Tous les bénéfices acquis pour ma santé grâce à mes activités aquatiques se sont envolés.

J’ai du mal à marcher, à monter les escaliers,  le moindre effort m’épuise,  je m’essouffle vite, je respire mal, mes os, mes tendons me font mal, je dors mal… Migraines, acouphènes décuplés, brûlures et douleurs sont mon lot quotidien. Mes affections ont repris le dessus. Saloperie !

Les sports aquatiques, la plage, étant toujours interdits, ça va être compliqué de retrouver cette forme perdue.

Heureusement, J’ai échappé jusque là au Covid-19, c’est déjà ça !

A partir de demain les distances ne seront plus limitées à 1km, chouette !  On va pouvoir se rejoindre avec les copines pour marcher un peu au moins à 2, en respectant les distances de sécurité entre nous bien sûr.  Avoir un but,  se voir,  s’entraîner à bouger, c’est ce qui manquait jusque là. Ça sera quand même plus motivant pour recommencer progressivement à rééduquer mon corps et ma respiration.

Il faut absolument que je me refasse une santé.

Confinement … sans bon sens !

En ce moment je fatigue, non pas à cause du confinement, mais à cause du comportement de certains de mes compatriotes, surtout sur les réseaux sociaux.

Et que je te partage de fausses infos à longueur de temps.  Et que j’avale tout et n’importe quoi. Ça n’arrête pas !
Des textes bidons sans source, des vidéos propagatrices de rumeurs affolant la populace, des liens vers des fakes et autres théories du complot  … Et hop  tout le monde tombe à pieds joints dedans et partage, partage encore et encore tel des conspirationnistes sans vérifier quoi que ce soit, sans réflexion, ni bon sens !

Ça use ! j’en peux plus d’entendre biper ma messagerie pour ce genre de chose. J’ai d’ailleurs commencé à bloquer la réception  de messages de certaines personnes qui abusent de ce mode de communication.

De base,  tout lien ou video partagé en masse via Messenger est douteux !  Surtout quand il est en plus demandé de « partager » dans le message. Pour moi c’est suppression systématique.

Heureusement avec quelques potes on fait plutôt dans le fun et le léger que dans l’alarmisme inutile. Une façon de garder le contact et de meubler notre solitude.

Et pour les courses ! Mais c’est du grand n’importe quoi ! Ça rime à quoi cette ruée dans les grandes surfaces pour les dévaliser.  Ces queues interminables  comme si on allait manquer, en coller/serrer en plus.
On est face à la propagation d’un virus, pas à une pénurie alimentaire, surtout dans une société de consommation telle que la notre !
Les grandes surfaces sont achalandées régulièrement bon sang ! Pas besoin de stocker comme des malades.

Sérieux,  moi je n’ai pas fait de courses plus que d’habitude, mon plein habituel de choses lourdes en début de mois, et c’est tout ! Je n’ai pas refait de courses supplémentaires à l’annonce du confinement.  Si j’ai besoin, j’irai comme d’habitude acheter ce qu’il me manque au fur  et à mesure chez les petits commerçants du coin.

Ceci dit ça me ferait c–r de manger des pâtes tous les jours pendant des mois. Parce que là il va falloir le bouffer votre stock, hein les gens !!  ça ne va pas être très varié votre alimentation dans les mois à venir ! haha !

Et le PQ ! Mais c’est quoi votre problème avec le PQ ???   Comprends pas …

Décidément c’est affolant comme tout bon sens s’est envolé avec la propagation de ce virus !

Bon allez, que ça ne vous empêche pas de rester chez vous et  de respecter les consignes hein ! et courage, ça ne va pas durer.

Confinement : rythme feignasse enclenché

En cette période de confinement , j’ai enclenché mon petit rythme de croisière feignasse glandeuse.  J’ai décidé de m’occuper avec le ménage, une pièce à fond par jour.  Mais doucement,  hein ! y a pas le feu, j’ai dit feignasse glandeuse  hein !

Donc aujourd’hui, je commence par la chambre en prenant bien mon temps.

Donc …

Je vire les couvertures, enlève les draps et zou dans la machine.

Pause, direction canap/facebook. Ben quoi  ! Confinés certes, mais faut par pour autant couper les liens avec les potes 😉

Retour dans la chambre, je sors le dessus de lit sur le balcon.

Envie de pipi, lavage de mains, pause, direction canap/facebook, ah oui les attestations !

Je rédige une attestation de sortie pour mon RV toubib. Et non je n’ai pas d’imprimante. Aïe les crampes ! Plus l’habitude d’écrire autant moi !

Retour dans la chambre avec l’aspirateur que je passe à fond dans tous les recoins.

Grosse fatigue … ben quoi ! ça fatigue l’aspi. Du coup  pause  canap/facebook.

Retour dans la chambre, je mets des draps propres.

Ah tiens j’ai faim, mais oui il est midi. Allez je réchauffe mon chili  de la veille que c’est moi qui l’ai fait. Miam y a bon ça ! Non je n’ai pas fait la razzia sur les pâtes et le PQ. D’ailleurs je n’ai pas changé mes habitude courses.

Allez hop une petite pause canap/facebook pour digérer tout ça vite fait.

Retour dans la chambre, je mets le dessus de lit. Mince j’ai oublié les oreillers.  Je mets les housses propres aux oreillers. j’arrange un peu le bazar.  tap, tap tap !

Sursaut d’énergie, dans la foulée, je nettoie mon respirateur.  Oui je porte un masque à oxygène la nuit.

Là faut que je souffle un peu, j’en ai  beaucoup fait d’un coup. Pause canap/facebook donc, et j’écoute les infos du jour.

« Nous somme en guerre … l’ennemi est là …  »

Fin des infos, retour dans la chambre avec l’aspi  et le plumeau spécial radiateur pour peaufiner.  Je vérifie qu’il n’y a plus de poussière nul part. L’ennemi ne rentrera pas dans ma chambre !

Et si je passais un coup de serpillière pour finir, allez soyons folle.

Une petite pause canap/facebook avant pour reprendre des forces.

Retour dans la chambre avec le saut, et frout frout je frotte par terre.

Voilà nickel ! Heu presque restent les carreaux à faire, mais ça c’est pour un autre jour.

Et Il est  14h ! A ce rythme là je vais mettre au moins 2 jours pour nettoyer la cuisine à fond  haha !

Mais faut dire qu’avec tous mes aller retour entre ma chambre et mon canap, j’en ai fait des pas ! ça c’est du sport ! mouaaarfff !

Bref pour finir et  pour meubler cette journée de confinement en solitaire, je vous raconte cet épisode de ma life dont on se fout mais alors complètement.  Hinhin !

Et maintenant une bonne douche et la sieste !

Après ça sera le tour des  jeux débiles en ligne.

Râlerie nocturne

Putain de bordel de merde (scusez de la grossièreté) c’est quand que je vais enfin arriver à m’endormir normalement !!!! Filez moi des somnifères bordel (scusez again) que je casse enfin ce rythme nocturne de merde qui m’épuise.

Maintenant que j’ai une super machine, que je supporte bien en plus, pour faire de bons gros dodos récupérateurs en diminuant les apnées-hypopnées,  j’arrive même pas à m’endormir pour en profiter !  Mais comment voulez-vous que je récupère et que mon corps commence à guérir si je ne m’endors pas ?  J’ai beau me détendre le plus possible en essayant de penser à rien, rien à faire !

Fait chier merde !!!! (oui suis encore grossière et alors !) Ça va finir en burn out tout ça à la longue !  Le dernier câble qui me tient encore est en train de casser, je le sens.  j’arrête pas d’être à fleur de peau et d’avoir les larmes  qui surgissent au bord des paupières sans raison (enfin sans raison, façon de parler, des raisons  j’en ai des milliards, mais bon that’s life!).

Bon allez je vais remettre mon appareil sur mon nez pour respirer, et refaire une tentative d’endormissement maintenant que j’ai râlé. Il est bientôt 5h quand même, et bientôt l’heure de se lever pour checker la multitude de tâches qui m’attend encore. pfff

Mais respire donc cocotte !

Et bien voilà, j’ai l’explication de tous mes maux, j’ai un symptôme d’apnée obstructive du sommeil sévère. j’arrête de respirer plus de 43 fois par heure. Ce qui n’est pas rien ! Normalement tout le monde fait des apnées-hypopnées toutes les heures surtout les hommes, mais au delà de 30 elles sont considérées comme sévères, et moi j’en fait plus de 43. Ce qui est un peu embêtant. Suis quand même tombée sulcul quand j’ai appris ça !

Bref ça explique la gueule de bois et la tête dans le cul tous les matins sans avoir bu la vielle et n’avoir qu’une envie à peine levée, celle de me recoucher illico sur le canap ; cette grande fatigue permanente et cette  incapacité à récupérer ;  ce fort essoufflement  au moindre petit effort avec des poumons douloureux ; cette dépression chronique avec envie de rien ; ces troubles de la mémoire dus au manque d’irrigation du cerveau ; cette difficulté de concentration ; ces douleurs partout surtout aux hanches et au côté gauche dues à la diminution du taux d’oxygène sanguin ; ces insomnies comme si inconsciemment j’avais peur de ne pas me réveiller ; ces ronflements bien sûr, etc etc …

Purée heureusement que je vis seule, comme ça je n’ennuie personne avec tous mes maux ! Et puis tant qu’il n’y a pas cancer, il n’y a rien de grave, comme pense la plupart…  Même si tout se déglingue !

Le pire est que  je n’ai aucun problème organique qui pourrait provoqué ce symptôme, pas de surpoids, pas de prédispositions anatomiques  particulières, et  je ne dors jamais sur le dos, ni la bouche ouverte. J’ai juste une œsophagite. Allez comprendre  !

D’après le technicien qui est venu à la maison m’expliquer en détail les causes et les risques de ce symptôme, sans appareillage, le plus gros risque que j’ai d’après mon taux d’ah est de claquer d’un infarctus ou d’un AVC dans la nuit. Ben pour quelqu’un qui a toujours voulu mourir très tôt, c’était pas la peine que je fasse autant de tentatives pour en en finir, surtout qu’elles ont toutes ratées, j’avais qu’à laisser faire, haha !  (humour noir).

En tous les cas, il m’a dit d’arrêter de culpabiliser si je n’ai pas la force de sortir ou de faire ci ou ça, comme le ménage par exemple, c’est normal, c’est du à cette non récupération permanente qui me met dans un grand état de faiblesse.

Donc voilà je suis appareillée et sous surveillance.  Si ça déconne dans la nuit, ou pendant la sieste,  la machine enregistre tout et les techniciens le sauront tout de suite, ils arriveront au galop.  😉  De toute façon un spécialiste va passer tous les 15 jours pour voir l’évolution de la dame, et surtout si elle supporte bien l’engin.

Pour le moment je ne peux pas dire que je dors mieux…. Toujours HS toute la journée, et pas la force de faire quoi que ce soit !

Comme dit ma toubib, quand je suis arrivée avec mon cursus santé la première fois que j’ai eu affaire avec elle, je collectionne les pathologies !

Il y a 20 ans, je me souviens

Je me souviens rarement où j’étais, ou ce que je faisais au moment d’événement précis  du passé, mais je me souviens très bien où j’étais le 31 août 1997.

Durant les mois d’été de cette année là, j’étais à Taverny dans le 95, en centre de rééducation fonctionnelle et de réadaptation.

Je me souviens de cette montée d’angoisse quand j’ai découvert au sortir de l’ambulance les bâtiments vieillots dans lesquels on allait m’enfermer, des larmes que j’ai versées tellement j’ai eu l’impression de retourner à l’internat.

Je me souviens de ces personnes autrement plus traumatisées que moi par leurs accidents ou agressions, qui essayaient courageusement de se reconstruire et de surmonter leurs blessures.
Je me souviens de cette gardienne d’immeuble dont les pieds avaient été tranchés net à la hache au niveau des chevilles par un fou .
Je me souviens de cet infirmier au corps brisé en mille morceaux à coups de barre de fer par un drogué en manque, alors qu’il était de garde de nuit. Un traumatisme cérébrale lui avait en plus fait perdre la tête.
Je me souviens de ce couvreur tombé d’un toit à moitié paralysé.
Je me souviens de la tristesse de cette tahitienne corsetée qui n’avait pas eu d’autre choix que de quitter son île et sa famille le temps de retrouver une mobilité à peu près correcte.

Je me souviens de toutes ces tiges de fer qui dépassaient de ces corps brisés et reconstitués, des cliquetis qui raisonnaient dans les couloirs, des cris de douleurs, des gémissements, mais aussi des rires, des courses de chariot, des batailles de béquilles…

Je me souviens de cette infirmière de nuit pas très sympa, de l’heure de la piqûre où tout le monde se mettait au garde à vous le ventre à l’air.

Je me souviens de ces séances de bain écossais, si douloureuses et si inefficaces…

Je me souviens du passage sonore du Concorde au-dessus de nos têtes tous les jours à la même heure dont il ne fallait surtout pas louper d’admirer l’élégance !

Je me souviens de l’heure des infos où nous garions chariots et béquilles devant la télé, seul moment où nous découvrions ce qui se passait dehors.

Et c’est comme ça que le 31 août 1997 nous avons appris, avec consternation et sans vraiment trop y croire, le décès de Lady Diana.

Je me souviens que ce jour là, nous avons été très choqués par les images de l’accident. Et tous fragilisés par notre état physique et moral, nous avons laissé échapper des larmes sur sa triste fin.
Les circonstances de sa mort sont alors devenues le feuilleton de notre convalescence.

Et patatra boum par terre

Il y en a qui titube et qui se casse la figure parce qu’ils ont trop bu, et bien pas moi. Cette semaine j’ai pas arrêté d’être entre deux eaux en ne buvant que de l’eau, c’est un comble.

Avant hier je titube pour la énième fois, mais cette fois rien pour me retenir et bing me voilà par terre entre le canapé et le mur. Bien sûr je mets un temps fou pour me relever, mais tout va bien rien de cassé.

Et hier rebelote, je fais pire. Je titube et patatra, boum par terre, je m’écroule  entre un meuble et une grande plante, cassant net en son milieu la branche maitresse (rip), et me retrouvant ko par terre le pot entre les jambes et le dos contre le meuble, sonnée.

Bon je me ressaisis tant bien que mal, me relève comme je peux, constate les dégâts sans trop bien comprendre comment j’ai bien pu faire mon coup, et pourquoi j’étais dans ce coin de la pièce. Du sang coule sur mon oeil, rien de grave juste une égratignure au dessus de l’arcade, et sur le coin de l’oeil. Je tache  le lino en marchant, rien de grave, juste une éraflure sur le pied.  J’éponge, je nettoie, je désinfecte, je range,  je m’allonge, KO et mal au dos, mais tout va bien. Suis une dure à cuire, pas encore morte, raté !

Mais nom de dieu de nom de dieu, che se passa ? Certes, j’ai pas trop à manger en ce moment, mais mon corps a largement de réserves, c’est pas le manque de bouffe qui va me faire tituber et perdre conscience comme une ivrognesse tout de même.

Inventaire des médocs, et ayèèèèèè j’ai trouvé. C’est ce putain de Lyrica (traitement contre la fibromyalgie), je ne vois que ça. J’ai du faire un léger surdosage sans faire gaffe, le prendre une fois de trop, et bing je me suis pris tous les effets indésirables d’un coup, état de confusion, somnolence, démarche non coordonnée d’où les badaboums, et j’en passe…. Le bon gros poison quoi !

Allez hop stop le poison, repos total, et ça va aller tout de suite mieux !

Sérieux avec tous les effets indésirables de ces foutus médocs, je préfère ne plus rien prendre du tout, et ne m’occuper que de soigner mon œsophage, ça j’ai pas le choix, sinon je ne peux plus m’alimenter.

Enfin bref, tout ça on s’en fout de comment je vais, c’est juste histoire de meubler, j’ai rien à raconter de sympa en ce moment, je donne juste de mes nouvelles…

maj:

j’ai pensé après coup, vu que la température dans l’appartement stagne entre 31° et 35° depuis un bout de temps , qu’il n’était pas impossible que mon corps soit passé en mode coup de chaleur avec tous les symptômes qui vont avec. En plus je ne suis pas sortie m’aérer à la plage depuis 15 jours, du coup le problème de mes étourdissements et chutes viendrait peut-être bien de là. A suivre…

La question psy du jour

Fallait s’y attendre, l’euphorie du mois dernier est tombée. Le mois d’août est arrivé avec ses journées remplies de solitude. Tout le monde est parti, ou a autre chose à faire.  Chacun sa vie, les enfants ont la leur avec leur petite famille et leurs amis, c’est bien normal.

Et moi je m’enferme, je n’ai même plus envie d’aller à la plage seule…

– Avez-vous pensé à partir ? me demande-t-il.

– Oui mais pour aller où ? Ma vie est ici depuis si longtemps et je connais plein de gens ici, je me suis créée des réseaux. Certes les relations sont pour la plupart superficielles, éphémères, le chômage isole.  J’ai peu de vrais potes que je vois rarement, mais je ne saurais pas où aller…
N’est-il pas plus difficile pour vous de vivre aussi seule dans une ville où vous connaissez autant de monde ? 

….

Grand blanc !

Bien sûr il a raison, mais que répondre ? La mer est si importante pour moi. Je voudrais juste changer de logement.

….

J’ai quitté son bureau encore plus déprimée que quand je suis arrivée, frustrée par une séance trop courte, emplie d’une sensation d’inachevé …

Avant de rentrer chez moi, j’ai erré dans le centre ville comme une âme en peine, à fleur de peau, les larmes aux yeux.

Je ne dors pas, j’ai oublié de lui dire. Je ne me projette pas plus loin que la journée du lendemain, et je ne sais pas où je vais….

J’ai l’adresse du CPCT (Centre psychanalytique de consultation et de traitement ) de Montpellier en cas de trop gros mal-être, je ne sais même pas si je vais les contacter. Je ne sais même pas si je vais le rappeler, lui, pour le revoir en septembre…

Que faire du reste de ma vie ? où aller ?  A quoi ça sert tout ça ?

Nota bene : photo vue de la salle d’attete

Tu as l’air en pleine forme !

Même la santé au ras des pâquerettes, en convalescence, en deuil, le moral à zéro, rongée par la tristesse et les soucis, c’est dingue comme je fais illusion, j’ai toujours l’air en pleine forme.

Ces derniers temps des copains, des proches me l’ont beaucoup dit. Une amie m’a même déclarée qu’apparemment les soucis m’allaient à merveille car j’avais une mine superbe. Elle ne s’attendait pas me voir avec une apparence d’être en bonne forme.
D’autres, connaissant aussi mon histoire, s’inquiétaient de l’état dans lequel ils allaient me revoir. Ils ont été très surpris de constater que je n’étais pas encore complètement décatie.

D’ailleurs la dernière phrase que mon père est arrivé à me susurrer à la clinique avant de ne plus pouvoir parler a été « tu as bonne mine« , alors que j’étais bien loin d’être au top. La veille j’avais subi une anesthésie générale, un mois plus tôt une opération dont je me remettais doucement, donc une autre anesthésie générale, et j’étais envahie d’inquiétude le concernant, sans parler du stress du chômage et des entretiens.
Connement je lui avais répondu « c’est parce que je ne fume pas, et que je bois peu ». Qu’est-ce qu’on peut être con parfois !

Bref je ne me l’explique pas, et je n’ai pas de recette. Malgré les aléas de la vie, alors que je n’ai pas la chanson, j’ai toujours l’air en pleine forme. C’est un fait !

Peut-être est-ce du aux rondeurs que j’ai prises ces dernières années. Mes joues bien remplies me donnent une apparence moins dure, plus saine.
Peut-être est-ce du au fait que je ne fume pas. Je n’ai pas le teint terne, pâle, grisâtre, et maladif des fumeurs.
Peut-être est-ce du au fait que j’intériorise tout par habitude de tout assumer seule.

Bref apparemment je ne suis pas marquée comme je le devrais, ni par les douleurs morales, ni par les douleurs physiques. Parce que j’en ai un paquet, c’est le moins qu’on puisse dire.
J’essaie au mieux de passer au dessus, de faire comme si de rien n’était, de ne pas en parler, surtout quand je suis en présence d’autres personnes. Il y a toujours pire. Et de toute façon quand ça ne va vraiment pas je me cache chez moi.

Je suis donc étonnée de faire encore illusion malgré tout. J’ai l’air en pleine forme. Et comme me répond si bien Agnès : « Dans un monde d’image, c’est l’essentiel! »

Ceci dit je prends ça pour un compliment. 🙂

Muselée

Dans mon dernier billet je racontais dans quelles circonstances et dans quelle souffrance s’est éteint notre père. C’était tellement insupportable et douloureux pour sa famille de le voir ainsi souffrir sans que rien ne soit fait pour l’apaiser que je ne pouvais me taire tellement ça me rongeait.

J’ai du supprimer ce billet car les faits que j’ai raconté, la vérité donc, n’ont pas plu aux responsables des lieux concernés, au point d’ennuyer ma belle-mère dans son deuil. Et oui ils sont tombés sur mon billet, et ont trouvé honteux et inacceptable que j’entache leur réputation !

Bien que ma belle-mère, et pas qu’elle d’ailleurs, était complètement d’accord avec ce que j’avais écrit, puisqu’elle l’a vécu ; et bien qu’il n’y avait ni insultes, ni grossièretés dans mes écrits, contrairement à ce que la personne qui la contactée lui a dit ; en respect pour elle et pour la protéger ce billet n’est plus en ligne.

la vérité n’est pas toujours bonne à dire c’est bien connu, surtout quand on se retrouve dans la situation du pot de terre contre le pot de fer. Mais nous n’en pensons pas moins, et nous n’oublierons jamais dans quelles conditions est parti notre père.

En tous les cas certains feraient bien d’accepter de se remettre en question avant de s’attaquer aux plus faibles, surtout pour que ça ne se reproduise pas sur d’autres patients !!!

Mise à jour du 2 avril 2017 :

Aujourd’hui je viens de lire sur le Huffington post un témoignage sur le « mal mourir en France ». Nous ne sommes donc pas les seuls à avoir vécu cette horreur :

Mon père est mort dans des souffrances inhumaines et j’aimerais vous ouvrir les yeux sur le mal-mourir en France
Depuis le 2 février 2016, la loi Leonetti/Claeys sur la fin de vie prévoit de ne pas vous euthanasier mais de vous tuer lentement en vous assoiffant. Quelle cruauté!

Aussi j’ai remis en ligne ce jour mon précédent article en témoignage et en supprimant bien sûr le nom du lieu concerné : Cette clinique qui a achevé notre père.